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  • Eloïse Basille

Quelle est la qualité de nos liens ?

Nous vivons en ce moment le test de notre lien social : à quoi, en quoi, sommes-nous dépendants les uns des autres ?



Nous sommes liés collectivement à nos amis, nos familles, nos voisins, nos administrations, nos écoles, nos commerces…


Notre besoin de connexion est essentiel. D’après « la biologie de l’attachement » de Boris Cyrulnik, qui est neuropsychiatre, « il est désormais prouvé, imagerie médicale à l’appui, que les privations affectives provoquent des altérations cérébrales chez le jeune enfant. »

Par exemple, il y a de fortes lacunes de langage chez les enfants qui n’ont pas pu créer de liens suffisamment forts et réguliers, avec au moins une personne.


En tant qu’adultes, la solitude, l’isolement, nous guettent, si nous ne pouvons pas avoir des relations personnelles, des relations sociales, et des relations avec nos communautés.

La solitude est définie dans ce cas comme une émotion que l’on ressent lorsque l’on manque de liens profonds avec les gens, lorsqu’on ne se sent pas vu, entendu, compris, apprécié, pour ce que nous sommes. On peut se sentir très seul, entouré de beaucoup de personnes.

Il est donc crucial que nous ayons des liens avec les autres.


Au-delà des difficultés imposées par le coronavirus, il y a malheureusement d’autres barrières : des masques sociaux.


Nous voulons avoir l’air sans faille, en total maîtrise de ce que nous vivons, particulièrement dans le monde du travail, quelques soient les circonstances.


Nous souhaitons être aimés de tous, être reconnus et validés pour qui nous sommes, pour ce que nous faisons, et cela en permanence.


Mais cela n’est pas humainement possible, parce que nous ne pouvons pas être parfaits, plaire à tous, faire plaisir et soutenir tout le monde, et certainement pas éternellement.

Alors nous portons des masques, nous faisons semblant. Nous cachons nos pensées, nos émotions, certaines de nos actions ou non-actions.


Pouvons-nous vraiment créer des liens sincères, profonds, durables avec tous ces masques ?

De plus, à force de porter des masques et de cacher notre vécu réel, nous aboutissons parfois à perdre le lien avec la personne que nous sommes vraiment. Et pour être présent aux autres, il faut être présent à soi en premier lieu.


Solitude, sans l’autre, solitude, sans soi. C’est un cercle vicieux qui fait souffrir deux fois.

Heureusement, il peut se transformer en cercle vertueux : en nous reliant au meilleur de nous - même, à notre Soi, à notre Humanité, à une présence corporelle, en prenant conscience de nos émotions, de nos valeurs, de nos comportements, dans un premier temps.


Soyons curieux de nous-mêmes, découvrons – nous.


Nous rencontrerons certainement des zones d’ombres, mais aussi de belles lumières.

Ensuite, nous pouvons choisir de sortir des jugements et d’accepter nos défauts, nos erreurs, nos échecs. Accepter aussi nos peurs, nos colères, nos tristesses.

Nous autoriser à avoir des incompétences et des limites.


Et enfin, nous pouvons nous approprier ce que nous sommes, notre histoire de vie, l’ensemble de nos facettes, la totalité de notre personnalité.

En étant totalement présent à nous-même, nous pouvons pleinement nous relier à l’autre, et avoir des relations riches de sens.


Réciproquement, en ayant des relations profondes avec les autres, en partageant notre vulnérabilité avec nos proches, nous tissons un lien vers nous – mêmes.


Et vous, quelle est la qualité des liens que vous voudriez aujourd'hui ?